Cercle Généalogique et Héraldique de l'Auvergne et du Velay
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Au délà des BMS

Tout généalogiste débutant sait que la base de ses recherches sera les actes de l’État-Civil puis, sous l’Ancien Régime, les registres paroissiaux, dits B.M.S. pour Baptêmes, Mariages, Sépultures, tenus par les curés des paroisses en double exemplaire, dont était remis chaque année au Greffe de la Sénéchaussée (ces registres constituent la base de la série dite « départementale »).

Cette recherche pourra être complétée par les actes établis par les Notaires et par de nombreuses autres archives, malheureusement pas toujours conservées. Mais il faut les chercher, sinon on ne pourra pas les trouver.

Nous ne pouvons pas ici prétendre vous guider parmi la multitude des documents que vous pouvez consulter pour établir votre généalogie et l’histoire de votre famille. Nous nous limiterons donc à quelques éléments pour guider vos premières recherches, et en tout premier lieu les registres d’état civil (ou registres paroissiaux avant la Révolution.)

Les recherches par grandes périodes

Un principe général : aller toujours du connu vers l’inconnu.

Au 20e siècle

Cela peut être paradoxalement difficile. La loi du 3 janvier 1979 limitait la consultation de certains documents, qui n’étaient consultables qu’apès 100 ans. La loi du 13 juillet 2008, ramène ce délai à 75 ans pour les registres d’état civil, les minutes et répertoires de notaires, les dossiers judiciaires, qui sont dorénavant libres d’accès après un délai de 75 ans, ce qui nous amène en 1932. Donc pour cette période, il faudra faire appel à sa propre famille et aux documents conservés par les uns et les autres. Toutefois pour ce qui concerne l’état civil de moins de 75 ans, on peut obtenir auprès des mairies :
  pour tous demandeurs : copie de l’acte de décès ou extrait d’actes de naissance et de mariage,
  pour les ascendants, descendants, conjoint ou représentant légal : copie intégrale des actes de naissance et mariage (en particulier avec les mentions marginales de l’acte).

D’après les textes, les mairies ne sont pas tenues de vous fournir des photocopies.

De la Révolution à 1932

La consultation des registres d’état civil est totalement libre. On trouvera ces registres soit dans les mairies soit aux Archives Départementales. Les registres de naissance, mariage et décès sont généralement séparés, mais on peut avoir mariage et naissance dans un même registre. Ces registres sont établis par période de 10 ans commençant en 1792 ; on a donc un registre allant de 1893 à 1902. A la fin de chaque registre figure une table récapitulative des actes classés par ordre alphabétique, dite table décennale. Il faut donc toujours commencer par consulter cette table s’il y a une incertitude sur la date. La recherche, par soi-même, d’un acte est relativement rapide dans une commune donnée.

L’avantage d’une consultation en mairie est de pouvoir de consulter rapidement toutes les tables décennales et de trouver les actes ; en contrepartie, il faut se déplacer et les secrétariats de mairie ne sont pas toujours ouverts (se renseigner au préalable). Par contre aux Archives Départementales, on a tout sur place mais la communication est plus longue (un document après l’autre). Aux AD du Puy de Dôme, la numérisation de l’ensemble des registres, antérieurs ou postérieurs à la Révolution, est en voie de finalisation ; ils sont directement consultables sur ordinateur. Leur mise en ligne sur Internet est prévu dans un proche avenir. Aux AD du Cantal, la numérisation de toutes les tables décennales et de certains registres (ceux de la série départementale jusqu’à St Martin sous Vigouroux) Compte tenu de l’existence des tables décennales, le CGHAV n’a pas réalisé de dépouillement particulier pour cette période, sauf pour la décennie de l’an II à 1802 où les tables décennales n’étaient pas encore la règle.

Avant la Révolution

Les registres paroissiaux dits de BMS (baptêmes, mariages, sépultures) étaient tenus par les curés conformément à l’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539) et les édits ou ordonnances successifs qui en précisèrent le contenu. A partir de 1667 et l’ordonnance de St Germain-en-Laye dite « Code Louis », ces registres ont été tenus en deux exemplaires, l’un conservé par le desservant de la paroisse, l’autre déposé annuellement au greffe du siège royal. Le premier fut transféré en mairie en 1792 (sauf de très rares exceptions) et l’autre aux Archives Départementales. Depuis 1970, l’exemplaire de la mairie aurait du être transféré aux AD pour les communes de moins de 2.000 habitants ; dans la pratique, cette règle n’a pas encore été appliquée partout : ce transfert a été à peu près effectif dans le Cantal et la Haute-Loire, beaucoup plus rare dans le Puy de Dôme.

Ces registres de BMS, malgré quelques lacunes ponctuelles, sont à peu près complets depuis 1736, date de la déclaration royale de Louis XV, premier texte législatif entièrement consacré à l’état-civil. Pour le XVIIe siècle, les lacunes sont très importantes, variables selon les paroisses. Pour le XVIe siècle, les registres sont, sauf exception heureuse, quasiment inexistants.

Il n’y a de toute façon pas de tables décennales : pour retrouver un acte, la seule solution est de parcourir tous les actes de la période concernée. C’est pourquoi il faut utiliser en priorité les tables du CGHAV ou d’autres associations lorsqu’elles existent. Avant toutes recherches dans les archives, vérifiez s’il existe ou non une telle table ; vous gagnerez du temps et éviterez des frais de voyages.

Les autres sources dans les Archives

De nombreux autres documents vous seront utiles. Il est impossible ici de tout citer ; nous nous limiterons aux plus courants en vous laissant le soin de les découvrir progressivement :

  • les archives notariales : vous y trouverez contrats de mariage, testaments, actes de vente, donations, successions, legs, reconnaissances de dettes…Depuis 1979, le versement des archives notariales anciennes aux archives est devenu obligatoire. Toutefois, tout n’est pas encore versé et, si cela a été fait, pas nécessairement classé et coté aux Archives Départementales. On les trouve dans la série E aux Archives Départementales (3 E, 4 E…).
  • les documents fiscaux, surtout les rôles de taille avant la Révolution. Ils permettent de situer vos ancêtres dans l’échelle sociale et de retracer la succession des chefs de famille à travers les générations. Le nombre de rôles de taille subsistant est très inégal selon les « élections » ; à noter, cependant, la collection quasi-complète des rôles de l’ancienne élection d’Issoire des années 1680 à la Révolution (attention l’élection d’Issoire comprenait une partie de la Haute-Loire, dont les rôles sont conservés aux AD de Clermont. Une liste en a été éditée par le CGHAV. Le Velay possède lui des rôles de « compoix ».
  • les terriers et lièves (terriers des propriétés monastiques), innombrables, malgré les destructions massives de la Révolution, inégalement répartis selon les territoires, d’importance et d’intérêt variables, depuis le folio unique et déchiré jusqu’au double ou triple volume relié en peau ! Dans des cas heureux, certains peuvent permettre toutefois, de remonter jusqu’aux XVIe voire XVe siècles. Ils peuvent être conservés aux Archives Départementales, dans à peu près n’importe quelle série, dans des collections communales, des bibliothèques publiques, et évidemment, dans des archives privées.
  • les recensements de la population, à partir de 1836 et tous les 5 ans dressent un état nominatif de tous les habitants avec des indications plus ou moins détaillées selon la date sur l’âge, la profession, la nationalité, la religion… Ils sont classés jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale dans la série M aux Archives Départementales.
  • les registres d’insinuations sont une source irremplaçable pour les recherches du XVIIe et de la fin du XVIe siècles, tous les transferts de propriété (de plus de 50 livres) y sont transcrits intégralement depuis au moins 1558 jusqu’en 1703. Ces très volumineux registres, classés dans la série B aux AD, écrits très serrés, nécessitent une certaine habitude. Éric TIXIER a entrepris la rédaction d’index concernant les familles bourgeoises (au sens large) citées dans les registres des Insinuations de Riom (5 tomes sont parus, 1650-1703, 1621-1649, 1606-1620, 1589-1605, 1578-1588).
  • Les registres d’enregistrement existent depuis 1693 (le système de classement, chronologique, n’a été modifié qu’en 1865). Tous les actes notariés y sont notés succinctement, ce qui permet de retrouver la date et le notaire. Ils sont classés dans la série C (Ancien Régime) puis Q (XIXe siècle) des Archives Départementales.
  • les archives militaires , parmi lesquelles les registres de recrutement (série R aux Archives Départementales), les archives de l’Armée de Terre au fort de Vincennes et à Pau.

Les Fonds spécialisés

De nombreux historiens, archivistes ou autres, ont dans le passé étudié la généalogie de certaines familles. Même s’il s’agit la plupart du temps de familles notables ou appartenant à la noblesse, il est utile de les consulter, car tout le monde peut soit s’y rattacher soit trouver des informations. Nous citerons les principaux fonds en indiquant éventuellement le numéro de « A moi Auvergne ! » dans lequel a été publié la liste des patronymes.

Aux Archives Départementales du Puy de Dôme :

  • Le Fond Burin des Rosiers concerne plutôt des familles nobles d’Auvergne (cotes 1 J 310 à 325).
  • Le Fond Guillemot concerne essentiellement Thiers et sa région et recense 650 familles (cotes 2 F 369 à 982) ; la liste en a été publiée dans « A moi Auvergne ! », numéros 9 à 16.
  • Le Fond Franck Imberdis est constitué de dossiers sur des familles de Haute et Basse Auvergne (cotes 4 J1 à 4 J520) ainsi que de généalogies (4 J 535 à 554) dont la liste a été publiée dans « A moi Auvergne ! », numéro 2.
  • Également les fonds Bellaigue (mi 286), Adam, Remacle (8J), Ribier (25J)…

À la Bibliothèque Communautaire Inter-Universitaire de Clermont :

  • Le Fond Paul Le Blanc : les manuscrits 833 à 1436 peuvent être utiles au chercheur
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